Déjà septembre et c'est le retour de la chronique hebdomadaire de l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec. Encore cette année, nos billets traiteront des divers aspects du marché de l'emploi qui ont un impact sur l'employé. Dans ce monde du travail en constante mutation, l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés assume ainsi un rôle qui lui revient de facto, car ses membres sont les personnes-ressources idéales pour ce projet. Leur diversité permet en effet que chacun des grands thèmes soit traité dans cette chronique par un expert dans son champ d'activité.
En ce mois de la rentrée, quel sujet brûlant d'actualité que la conciliation travail-famille! Retour au travail, retour des enfants à l'école, tout arrive en même temps. Les statistiques le démontrent, le nombre d'employés qui éprouvent des difficultés à harmoniser le travail et leur vie personnelle va croissant. Mais il y a une lueur d'espoir à l'horizon.
En effet, le gouvernement a compris qu'il devenait urgent d'agir et a fait quelques pas importants en ce sens. C'est ainsi qu'il a modifié la Loi sur les normes du travail afin que celle-ci s'aligne sur les nouvelles conditions du monde du travail. Par exemple, les salariés pourront refuser de faire des heures supplémentaires au-delà de douze à quatorze heures par jour ou de cinquante heures par semaine. De plus, la période pendant laquelle ils pourront s'absenter pour cause de maladie ou d'accident est passée de dix-sept à vingt-six semaines et ils auront la possibilité de prendre jusqu'à dix jours par année, au lieu de cinq, pour remplir des obligations familiales. Ils pourront aussi s'absenter pour une période allant jusqu'à douze semaines pour veiller aux soins d'un proche. De plus, si est un enfant souffre d'une maladie grave, les parents auront le droit de s'absenter pendant deux années entières.
En cette période de concurrence effrénée et de pénurie de main-d'ouvre qualifiée, les entreprises n'ont pour leur part d'autre choix que de conserver leurs employés de qualité pour demeurer compétitives. Pour y arriver, elles doivent faire preuve de flexibilité, notamment en donnant à leurs employés la possibilité d'harmoniser les différents aspects de leur vie.
À cet égard, plusieurs mesures peuvent être prises. Elles vont de l'horaire flexible, qui permet au salarié de choisir le début et la fin de sa journée, à la semaine de travail comprimée, pendant laquelle le travailleur effectue le même nombre d'heures de travail en moins de cinq jours, en passant par le programme d'aide aux employés qui éprouvent des problèmes personnels et la garderie en milieu de travail.
Les mesures de conciliation travail-vie personnelle, en répondant aux besoins des travailleurs, parviennent à réduire, sinon à contrecarrer les effets de la pression au quotidien. Améliorant leur moral, elles contribuent notamment à diminuer l'absentéisme ainsi que le manque de ponctualité, à augmenter le rendement et l'implication des employés. Ces derniers se sentent en effet mieux considérés par l'entreprise qui leur accorde de tels avantages. Ils apprécient le fait que leurs besoins soient pris en compte par leur employeur, ce qui les incite en contrepartie à se responsabiliser et à s'impliquer davantage dans l'organisation.
Ces mesures sont également devenues des avantages de plus en plus prisés par les chercheurs d'emploi. En plus d'être un excellent agent mobilisateur, elles permettent aussi d'attirer de bons employés et de les fidéliser. Considérant la rareté de plus en plus grande de la main-d'ouvre qualifiée, ces mesures de conciliation entre le travail et la vie personnelle constituent donc d'incontestables atouts pour toute organisation soucieuse de sa compétitivité et désireuse de s'adapter à la nouvelle réalité du monde du travail.
Geneviève Fortier, CRHA, est présidente du conseil d'administration de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés et vice-présidente, ressources humaines chez Reitmans Canada Limitée.